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ToggleOndinisme en sexualité : ce que c'est vraiment, pourquoi ça arrive et comment en parler
Mis à jour le 14/07/2026 par La rédaction
L'ondinisme en sexualité — parfois appelé urophilie — désigne une attirance érotique liée à l'urine ou à l'acte d'uriner. Sujet encore largement tabou, il fait pourtant partie des paraphilies documentées dans la littérature sexologique internationale. Comprendre ce phénomène, ses mécanismes et son rapport éventuel à la biologie hormonale permet d'en parler sans honte, avec les mots justes.
Qu'est-ce que l'ondinisme en sexualité ?
L'ondinisme désigne, dans le champ de la sexologie, une excitation sexuelle dont l'objet est l'urine humaine — qu'il s'agisse d'observer, de recevoir, de donner ou simplement d'imaginer cet acte dans un contexte érotique. C'est l'une des paraphilies les plus connues, même si elle reste difficile à quantifier précisément faute d'études épidémiologiques robustes à grande échelle.
La paraphilie, telle que définie par le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5 de l'American Psychiatric Association), renvoie à « une attraction sexuelle intense et persistante pour des objets, situations ou individus atypiques ». L'ondinisme entre dans cette catégorie descriptive, mais cette classification ne présuppose pas en elle-même un trouble ou une souffrance.
Il est fondamental de distinguer deux situations très différentes :
- La paraphilie : une préférence ou fantaisie érotique qui ne cause ni détresse ni préjudice à la personne ou à autrui. Elle fait partie de la diversité de la sexualité humaine.
- Le trouble paraphilique : lorsque cette fantaisie ou ce comportement génère une souffrance cliniquement significative, ou implique des personnes non consentantes.
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D'où vient le mot « ondinisme » ?
Le terme ondinisme provient des ondines, créatures aquatiques de la mythologie germanique et nordique, sans âme propre mais capables d'en acquérir une en s'unissant à un être humain. Ces figures féminines associées à l'eau ont inspiré le terme dès le XIXe siècle, période où la sexologie naissante cherchait à nommer et classer les variations du désir humain.
Le médecin et sexologue austro-germanique Richard von Krafft-Ebing est l'un des premiers à avoir catalogué les paraphilies liées aux sécrétions corporelles dans son ouvrage Psychopathia Sexualis (1886), référence historique fondatrice de la sexologie clinique. Le terme « urophilie » — plus neutre et directement descriptif — est également utilisé dans la littérature médicale contemporaine de façon interchangeable.
En France, le terme ondinisme reste celui le plus employé dans le langage courant et dans certains écrits psychanalytiques, tandis que les publications sexologiques récentes privilégient « urophilie » pour sa précision.
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Comment se manifeste l'ondinisme ?
Les manifestations de l'ondinisme sont variées et n'impliquent pas nécessairement un passage à l'acte. La sexologue clinicienne observe généralement plusieurs formes d'expression :
| Forme | Description | Nécessite un partenaire ? |
|---|---|---|
| Fantasme non agi | Pensées érotiques liées à l'urine sans comportement associé | Non |
| Voyeurisme urinaire | Excitation à observer un partenaire consentant uriner | Oui |
| Pratique active (golden shower) | Donner ou recevoir de l'urine dans un contexte sexuel consenti | Oui |
| Fétichisme olfactif | Excitation liée à l'odeur de l'urine | Variable |
| Pratique solitaire | Mise en scène individuelle | Non |
L'un d'eux m'a partagé ceci — sans en dévoiler l'identité — : la majorité des personnes qui consultent au sujet d'une paraphilie ne souffrent pas de la paraphilie elle-même, mais de la honte sociale qui l'entoure. Ce constat résume bien la réalité clinique.
Il est aussi important de noter que l'ondinisme peut concerner des personnes de tout genre, toute orientation sexuelle, et tout âge adulte. Ce n'est ni une spécificité masculine ni une pathologie liée à un trouble de l'attachement par définition.
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Quel lien entre paraphilies, désir et hormones ?
Les recherches sur les bases biologiques des paraphilies — dont l'ondinisme — montrent que la sexualité humaine est profondément influencée par les hormones, même si aucune hormone ne « crée » en elle-même une paraphilie.
Le rôle de la testostérone et du désir sexuel
La testostérone joue un rôle central dans la libido, chez les femmes comme chez les hommes. Chez la femme, elle est produite en partie par les ovaires et les glandes surrénales. Des fluctuations hormonales importantes — comme celles observées lors du cycle menstruel, de la grossesse, du post-partum, ou de la périménopause — peuvent modifier l'intensité du désir, voire faire émerger ou au contraire atténuer certaines fantaisies.
Vous pouvez en apprendre davantage sur les effets des hormones sur la libido féminine au fil du cycle dans nos articles dédiés.
Le système de récompense et la neurobiologie du désir
Les paraphilies, y compris l'ondinisme, impliquent les mêmes circuits neurologiques que le désir sexuel conventionnel : le système dopaminergique de récompense, l'amygdale (traitement émotionnel et mémoriel), et les zones préfrontales impliquées dans la régulation des comportements. Des études en neuroimagerie — notamment celles publiées dans Archives of Sexual Behavior, revue de référence en sexologie — ont montré que les réponses cérébrales aux stimuli paraphiliques activent des régions similaires à celles des stimuli sexuels « normatifs ».
Ce que dit la recherche : Il n'existe pas à ce jour de marqueur hormonal spécifique identifié pour les paraphilies. Des déséquilibres hormonaux sévères (comme l'hyperprolactinémie, certains traitements antiandrogènes) peuvent modifier les comportements sexuels, mais ils ne créent pas de paraphilies de novo. Le niveau de preuve sur ce lien direct reste faible à ce stade.
Hormones et vécu émotionnel de la sexualité
Ce qui est mieux documenté, c'est le lien entre équilibre hormonal et vécu émotionnel de la sexualité. Un déficit en œstrogènes (ménopause, post-partum) peut générer une sécheresse vaginale et une baisse du désir qui impactent la vie intime dans son ensemble — y compris la façon dont on vit ses fantaisies ou ses pratiques. Des niveaux élevés de cortisol (stress chronique) ont également été associés à une inhibition du désir dans plusieurs études.
Il est donc pertinent, si vous constatez des changements dans votre vie sexuelle — fantaisies nouvelles ou disparition du désir — de considérer votre contexte hormonal global. Un bilan avec votre gynécologue ou médecin traitant peut apporter des réponses précieuses. Vous trouverez également des repères utiles dans notre article sur le syndrome prémenstruel et ses effets sur la libido.
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L'ondinisme est-il pathologique ?
Non, l'ondinisme n'est pas pathologique en lui-même. C'est une réponse directe et centrale que la sexologie contemporaine apporte clairement.
La distinction pathologique introduite par le DSM-5 repose sur deux critères cumulatifs :
- La souffrance subjective : la personne vit-elle sa paraphilie comme une source de détresse ou de mal-être ?
- Le préjudice à autrui : la pratique implique-t-elle des personnes non consentantes ou des mineurs ?
Ce que cela signifie concrètement :
- Avoir des fantaisies liées à l'ondinisme sans les vivre ou les partager n'est ni un symptôme ni un problème.
- Pratiquer l'ondinisme entre adultes consentants, dans le respect mutuel, n'est pas dangereux psychologiquement.
- Il est en revanche recommandé de prendre en compte les risques sanitaires liés au contact avec l'urine (infections urinaires, transmission de certains agents pathogènes dans des situations spécifiques) — point sur lequel un médecin peut vous conseiller utilement.
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Comment aborder l'ondinisme avec un professionnel de santé ?
Aborder une paraphilie avec un professionnel peut sembler intimidant. Pourtant, les sexologues et thérapeutes formés à la sexualité humaine sont habitués à ces questions et adoptent une posture non-jugeante.
Voici quelques repères pratiques :
- Choisir le bon professionnel : un·e sexologue clinicien·ne (titre reconnu en France après un DIU de sexologie ou un master spécialisé), un·e psychologue spécialisé·e en thérapie sexuelle, ou votre gynécologue si vous avez un lien de confiance établi.
- Préparer la consultation : inutile de tout détailler d'emblée. Vous pouvez simplement dire que vous souhaitez parler de votre vie sexuelle et de certaines préférences qui vous questionnent.
- Ce que vous pouvez attendre : une écoute active, une normalisation si la situation le mérite, et un accompagnement si vous ressentez une souffrance ou une gêne dans votre vie intime.
- Ce que vous n'avez pas à craindre : aucun professionnel de santé éthique ne vous jugera ni ne cherchera à vous "guérir" d'une préférence sexuelle consentie.
Quand consulter : consultez un·e sexologue ou votre médecin si votre vie sexuelle génère une souffrance régulière, si vos pratiques entrent en conflit avec vos valeurs, si vous avez du mal à maintenir des relations satisfaisantes, ou si vous vous interrogez sur un changement récent de votre désir ou de vos fantasmes. Un bilan hormonal peut être pertinent si ces changements coïncident avec une période de transition hormonale (post-partum, périménopause, arrêt de contraception hormonale).---
Disclaimer : Cet article est informatif. Votre situation personnelle nécessite un avis médical ou sexologique individualisé.---
Questions fréquentes
Q : L'ondinisme est-il fréquent ? R : Il est difficile d'estimer la prévalence réelle de l'ondinisme, car peu d'études épidémiologiques à grande échelle existent sur les paraphilies. Les données disponibles (notamment les travaux de Cantor et al. publiés dans Archives of Sexual Behavior) suggèrent que les fantasmes impliquant des fluides corporels sont présents chez une minorité significative de la population adulte, sans qu'il soit possible de donner un pourcentage fiable.
Q : L'ondinisme peut-il nuire à la santé physique ? R : Le contact direct avec l'urine comporte des risques infectieux limités mais réels : infections urinaires, transmission de certains agents pathogènes (virus, bactéries) dans certaines conditions. Une consultation médicale permet d'évaluer ces risques selon votre situation personnelle.
Q : L'ondinisme est-il lié à un trouble hormonal ? R : Non, il n'existe pas de lien direct établi entre un déséquilibre hormonal spécifique et l'ondinisme. Les paraphilies se développent selon des mécanismes complexes (neurobiologiques, psychologiques, expérientiels) qui ne se réduisent pas à un seul facteur biologique.
Q : Faut-il en parler à son ou sa partenaire ? R : C'est une décision personnelle. Partager une fantaisie suppose un cadre de confiance et de communication ouvert. Il n'y a aucune obligation, mais si vous souhaitez vivre cette préférence à deux, le consentement explicite et éclairé de votre partenaire est indispensable.
Q : Comment réagir si mon partenaire me parle de cette préférence ? R : Écouter sans juger est la première étape. Vous n'avez aucune obligation d'y participer. Un refus clair et respectueux est tout à fait légitime. Si cette divergence génère une tension dans votre relation, une consultation en thérapie de couple peut aider à trouver un espace de dialogue.
Q : L'ondinisme apparaît-il dans la CIM-11 comme un trouble ? R : La CIM-11 (OMS, 2022) liste l'urophilie parmi les paraphilies mais ne la classe comme trouble que si elle génère une souffrance cliniquement significative ou implique des actes non consentis. En dehors de ces conditions, elle est reconnue comme une variante de la sexualité humaine.
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Article rédigé par la rédaction du site. Contenu d'information générale : il ne constitue ni un diagnostic, ni un avis médical personnalisé. Consultez un professionnel de santé pour toute question vous concernant.
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