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ToggleLa glande para-urétrale : anatomie, fonctions et ce que toute femme devrait savoir
Mis à jour le 16/07/2026 par La rédaction
La glande para-urétrale reste l'une des structures anatomiques féminines les moins connues du grand public — et pourtant l'une des plus fascinantes sur le plan hormonal et fonctionnel. Souvent absente des cours de biologie, parfois désignée sous le nom de « prostate féminine », cette glande est pourtant bien réelle, documentée par la littérature scientifique, et peut être à l'origine de symptômes concrets que beaucoup de femmes peinent à faire identifier.
Qu'est-ce que la glande para-urétrale ?
La glande para-urétrale est une structure glandulaire présente chez la femme, localisée autour de l'urètre, dont le développement embryonnaire est homologue à celui de la prostate masculine. Elle est également désignée sous les noms de glandes de Skene (du nom du gynécologue Alexander Skene qui les a décrites en détail en 1880), de glandes périurétrales, ou encore — et c'est là que ça devient intéressant — de prostate féminine, terme officiellement adopté par la Fédération internationale des associations d'anatomistes (IFAA) en 2001.
Ce n'est pas une curiosité anatomique marginale. Des études histologiques et immunohistochimiques ont montré que ces glandes produisent des marqueurs biologiques identiques à ceux de la prostate masculine, notamment l'antigène spécifique de la prostate (PSA) et la phosphatase acide prostatique (PAP). Leur taille et leur développement varient considérablement d'une femme à l'autre : absentes ou rudimentaires chez certaines, bien développées chez d'autres.
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Anatomie : où se trouve-t-elle exactement ?
Les glandes para-urétrales se situent de part et d'autre de l'urètre féminin, dans la paroi antérieure du vagin, à proximité immédiate du méat urétral (l'orifice d'où sort l'urine). Leurs canaux excréteurs s'ouvrent à l'intérieur de l'urètre ou juste à côté de son orifice externe.
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Localisation | Paroi antérieure du vagin, autour de l'urètre distal |
| Canaux excréteurs | S'ouvrent dans ou près du méat urétral |
| Taille | Variable selon les individus (souvent quelques millimètres) |
| Tissu | Épithélium glandulaire, entouré de stroma fibromusculaire |
| Marqueurs biologiques | PSA, PAP, récepteurs aux androgènes |
| Homologue masculin | Glande prostatique |
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Quel est le rôle de la glande para-urétrale ?
La glande para-urétrale remplit plusieurs fonctions documentées, bien que la recherche reste en cours sur certains aspects. Sa principale fonction connue est la sécrétion de fluides glandulaires contenant du PSA et de la PAP, deux enzymes classiquement associées à la prostate masculine.
Production de PSA féminin
Le PSA (antigène spécifique de la prostate) est produit par les glandes de Skene chez la femme. On peut d'ailleurs mesurer un taux de PSA dans le sang des femmes — à des concentrations bien inférieures à celles des hommes, mais détectables. Des recherches ont exploré si ce PSA féminin pourrait jouer un rôle dans la fertilité ou dans certains cancers hormonaux, sans aboutir à des conclusions définitives à ce jour.
Lien avec l'éjaculation féminine
C'est sans doute le rôle le plus médiatisé de la glande para-urétrale. Des travaux publiés dans le Journal of Sexual Medicine ont mis en évidence que le liquide produit lors de ce qu'on appelle l'éjaculation féminine (distincte des sécrétions vaginales classiques) contient du PSA en quantités mesurables, suggérant une implication des glandes de Skene dans sa production. Ce n'est pas universel — rappelons la variabilité anatomique — mais c'est une piste sérieuse.
Fonction de protection urinaire possible
Certains chercheurs ont émis l'hypothèse que les sécrétions des glandes para-urétrales pourraient participer à la protection locale de l'urètre contre les infections, par des mécanismes antimicrobiens. Cette hypothèse reste à confirmer par des études de plus grande échelle.
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La glande para-urétrale est-elle vraiment la prostate féminine ?
Oui — et cette question mérite qu'on s'y attarde, car la réponse est plus nuancée qu'un simple oui ou non. Sur le plan embryologique, la prostate masculine et les glandes para-urétrales féminines se développent toutes deux à partir du même tissu d'origine : le sinus urogénital. Elles partagent les mêmes marqueurs moléculaires (PSA, PAP, récepteurs aux androgènes), ce qui a conduit l'IFAA à homologuer le terme « prostate féminine » pour désigner ces glandes dans la nomenclature anatomique internationale — une décision prise en 2001 et documentée dans Anatomical Record (Tepper et al.).
Cela ne signifie pas pour autant qu'elles fonctionnent à l'identique. La prostate masculine a un rôle majeur dans la fertilité (production de liquide séminal). Les glandes para-urétrales féminines, quant à elles, sont moins développées dans la plupart des cas et leurs fonctions restent moins clairement définies. Mais l'homologie structurelle est bien réelle, et ce parallèle ouvre des pistes de recherche intéressantes — notamment sur les similitudes potentielles dans certaines pathologies, comme nous allons le voir.
Ce que dit la recherche — niveau de preuve modéré : L'homologie entre glandes para-urétrales et prostate masculine est acceptée dans la communauté scientifique. La présence de PSA dans les sécrétions féminines est bien documentée. En revanche, les fonctions précises et la signification clinique complète de ces glandes font encore l'objet d'investigations actives.---
Quels problèmes peut causer la glande para-urétrale ?
Les pathologies des glandes para-urétrales restent rares mais bien répertoriées dans la littérature urologique et gynécologique. Voici les principales :
Les kystes para-urétraux
Le kyste para-urétral est la pathologie la plus fréquente de cette région. Il se forme lorsque le canal excréteur d'une glande de Skene se bouche, entraînant l'accumulation de sécrétions et la formation d'une masse liquidienne. Ces kystes peuvent :
- Être asymptomatiques et découverts fortuitement lors d'un examen gynécologique
- Provoquer une gêne ou une douleur locale, surtout lors des rapports sexuels
- Engendrer une dysurie (difficulté à uriner) si la masse comprime l'urètre
- S'infecter et former un abcès, nécessitant un traitement antibiotique et parfois chirurgical
Les adénofibromyomes et tumeurs bénignes
Des tumeurs bénignes des glandes de Skene ont été décrites, bien que très rares. Elles se présentent généralement comme une masse indolore à la vulve ou autour du méat urétral.
Les carcinomes para-urétraux
Le carcinome des glandes de Skene est exceptionnel. Quelques dizaines de cas ont été rapportés dans la littérature mondiale. Il s'agit d'un cancer primitif de ces glandes, parfois confondu avec un carcinome urétral. Sa rareté ne doit pas conduire à l'ignorer : face à une masse persistante ou évolutive de la région para-urétrale, une évaluation spécialisée est indispensable.
Infections et abcès
Les glandes para-urétrales peuvent s'infecter, souvent dans le contexte d'une infection urinaire ou d'une infection sexuellement transmissible. Un abcès para-urétral se manifeste par une douleur localisée intense, une rougeur, un gonflement et parfois de la fièvre.
Principaux symptômes à surveiller :
- Masse ou gonflement visible ou palpable à l'entrée du vagin ou autour du méat urétral
- Douleur à la miction (dysurie) ou sensation de pression urinaire persistante
- Écoulement purulent ou inhabituel
- Douleur pendant les rapports sexuels (dyspareunie d'entrée)
- Fièvre associée à une douleur pelvienne basse
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Comment diagnostique-t-on une pathologie de la glande para-urétrale ?
Le diagnostic repose d'abord sur l'examen clinique gynécologique ou urologique, permettant de visualiser et palper la région para-urétrale. Selon les cas, des examens complémentaires sont demandés :
- Échographie pelvienne ou endovaginale : permet de caractériser une masse kystique ou solide, de mesurer ses dimensions et d'orienter le diagnostic
- IRM pelvienne : examen de référence pour les masses complexes, permettant une cartographie précise des rapports anatomiques (urètre, vagin, vessie)
- Analyse bactériologique : en cas de suspicion d'infection, un prélèvement local ou une uroculture est réalisé
- Biopsie : réservée aux cas où une lésion suspecte de malignité est identifiée
Pour les femmes qui souhaitent mieux comprendre comment les hormones influencent les structures pelviennes et la santé intime, je vous invite à consulter notre dossier sur les effets des hormones féminines sur la santé pelvienne et notre article sur les douleurs pelviennes chroniques et leurs causes hormonales.
Pour aller plus loin sur l'anatomie officielle, la nomenclature de la Fédération internationale des associations d'anatomistes (IFAA) est la référence internationale utilisée par les professionnels de santé.
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Quand consulter ?
Encart « Quand consulter » Consultez un gynécologue ou un urologue sans attendre si vous observez :---Ces symptômes ne signifient pas forcément une pathologie grave, mais seul un examen clinique adapté permet de les évaluer correctement.
- Une masse ou une tuméfaction autour du méat urétral ou de l'entrée du vagin
- Des douleurs à la miction persistantes sans infection urinaire identifiée
- Une dyspareunie (douleur pendant les rapports) d'apparition récente et localisée à l'entrée du vagin
- Un écoulement inhabituel autour de l'urètre
- Une fièvre associée à une douleur pelvienne ou urinaire
Questions fréquentes
Q : La glande para-urétrale est-elle présente chez toutes les femmes ?
R : Non. Les études anatomiques montrent une variabilité importante : elles sont absentes ou rudimentaires chez une proportion estimée à environ 10 % des femmes, selon les données histologiques disponibles dans la littérature. Leur taille et leur développement varient également considérablement d'une femme à l'autre.
Q : Peut-on mesurer le PSA chez une femme ?
R : Oui, le PSA est détectable dans le sang des femmes, à des concentrations bien inférieures à celles des hommes. Ce dosage n'est pas réalisé en routine féminine, mais il a été utilisé dans certains contextes de recherche pour évaluer l'activité des glandes para-urétrales.
Q : Un kyste para-urétral est-il dangereux ?
R : La grande majorité des kystes para-urétraux sont bénins. Asymptomatiques, ils peuvent simplement être surveillés. S'ils entraînent des symptômes (gêne, douleur, dysurie) ou s'infectent, une prise en charge médicale ou chirurgicale est nécessaire. La malignité est exceptionnelle.
Q : La glande para-urétrale a-t-elle un lien avec l'éjaculation féminine ?
R : Des études publiées dans des revues comme le Journal of Sexual Medicine ont mis en évidence la présence de PSA dans le liquide de l'éjaculation féminine, suggérant une implication des glandes de Skene. Toutefois, ce phénomène est variable selon les femmes et les mécanismes précis ne sont pas encore entièrement élucidés.
Q : Une infection de la glande para-urétrale est-elle fréquente ?
R : Elle est relativement rare mais documentée, souvent dans le contexte d'infections urinaires répétées ou d'infections sexuellement transmissibles. Elle se manifeste par une douleur locale intense, parfois accompagnée de fièvre, et nécessite une prise en charge médicale rapide.
Q : Faut-il une opération pour traiter un problème de glande para-urétrale ?
R : Pas systématiquement. Le traitement dépend de la pathologie : un kyste asymptomatique se surveille, une infection se traite d'abord médicalement, et la chirurgie (marsupialisation ou excision) est réservée aux kystes symptomatiques récidivants ou aux abcès n'ayant pas répondu au traitement médical.
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Disclaimer : Cet article est informatif et repose sur des sources scientifiques sérieuses. Il ne remplace pas un avis médical personnalisé. Votre situation mérite l'évaluation d'un professionnel de santé qualifié.---
Article rédigé par la rédaction du site. Contenu d'information générale : il ne constitue ni un diagnostic, ni un avis médical personnalisé. Consultez un professionnel de santé pour toute question vous concernant.
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