Publié par La rédaction

Glandes de Skene : anatomie, rôle et santé féminine

3 juillet 2026

Professionnelle de santé examinant un schéma anatomique du plancher pelvien féminin, illustrant la localisation des glandes de Skene
Professionnelle de santé examinant un schéma anatomique du plancher pelvien féminin, illustrant la localisation des glandes de Skene

Glandes de Skene : anatomie, fonctions et ce que la science dit vraiment de la "prostate féminine"

Mis à jour le 03/07/2026 par La rédaction

Les glandes de Skene sont de petites structures glandulaires situées près de l'urètre, longtemps ignorées des manuels d'anatomie féminins et pourtant au cœur de nombreuses questions sur la sexualité et la santé pelvienne des femmes. Décrites pour la première fois en 1880 par le gynécologue Alexander Skene, elles sont aujourd'hui considérées par une partie de la communauté scientifique comme l'homologue féminin de la prostate masculine — un fait qui continue d'alimenter les débats et les recherches.

Professionnelle de santé examinant un schéma anatomique du plancher pelvien féminin, illustrant la localisation des glandes de Skene

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Qu'est-ce que les glandes de Skene ?

Les glandes de Skene sont des glandes exocrines situées dans la paroi antérieure du vagin, de chaque côté de l'orifice urétral. Ce sont des structures tubulaires de petite taille, dont les canaux s'ouvrent à proximité immédiate du méat urétral — l'orifice par lequel l'urine s'écoule.

Leur nom vient du Dr Alexander Johnston Chalmers Skene (1837-1900), gynécologue écossais installé à New York, qui les a décrites et formalisées dans ses travaux publiés à la fin du XIXe siècle. Elles sont également désignées sous les termes de glandes paraurtérales, de glandes de Skene-Huguier ou encore, dans un vocabulaire plus récent, de prostate féminine.

Ce dernier surnom n'est pas anodin : en 2001, l'International Federation of Associations of Anatomists (IFAA) a officiellement reconnu l'existence d'une prostate féminine dans Terminologia Histologica, le référentiel international de nomenclature histologique. Ce changement de terminologie a eu une portée symbolique forte : il signifiait que ces glandes méritaient une reconnaissance anatomique complète, au même titre que leurs équivalents masculins.

Il est important de noter que leur développement varie considérablement d'une femme à l'autre. Chez certaines femmes, elles sont bien développées et fonctionnellement actives ; chez d'autres, elles sont microscopiques ou quasiment absentes. Cette variabilité anatomique est normale et n'indique aucune anomalie.

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Où sont-elles situées dans le corps féminin ?

Les glandes de Skene se trouvent de part et d'autre de l'urètre, dans la paroi vaginale antérieure — c'est-à-dire la paroi "du côté du ventre", à quelques centimètres de l'entrée du vagin. Leur position est donc très proche de la zone communément appelée point G, ce qui n'est peut-être pas un hasard selon plusieurs chercheurs.

Pour visualiser cela concrètement : si vous imaginez l'orifice urétral comme un point central, les glandes de Skene se situent de chaque côté, légèrement en retrait, avec leurs canaux excréteurs débouchant juste à côté de cet orifice. Elles ne sont pas palpables de l'extérieur dans la grande majorité des cas et ne se voient pas à l'œil nu dans des conditions normales.

Voici un récapitulatif anatomique simplifié :

CaractéristiqueDétail
LocalisationParoi vaginale antérieure, de part et d'autre de l'urètre
OuverturesCanaux s'abouchant au niveau du méat urétral
TailleVariable, souvent microscopique
Homologue masculinGlande prostatique
Nomenclature officielle"Prostate féminine" (IFAA, Terminologia Histologica, 2001)
Présence universelleNon — varie selon les femmes
Modèle anatomique du bassin féminin posé sur un bureau médical, représentant les structures pelviennes dont les glandes paraurtérales

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Quel est le rôle des glandes de Skene ?

Le rôle principal des glandes de Skene est de produire et sécréter un fluide aux propriétés proches de celles du liquide prostatique masculin. Cette similitude biochimique est l'un des arguments les plus solides en faveur de leur désignation comme "prostate féminine".

Un fluide riche en PSA

Des analyses biochimiques ont montré que les sécrétions des glandes de Skene contiennent du PSA (antigène spécifique de la prostate) et de la PAP (phosphatase acide prostatique), deux marqueurs habituellement associés à la prostate masculine. Cette découverte, confirmée par plusieurs équipes de recherche, a transformé la compréhension de ces glandes.

Le PSA joue normalement un rôle dans la liquéfaction du sperme chez l'homme. Sa fonction exacte dans les sécrétions féminines reste encore partiellement étudiée, mais plusieurs hypothèses existent : il pourrait jouer un rôle dans la lubrification, dans la protection contre certaines infections urinaires, ou dans des mécanismes immunologiques locaux.

Une possible protection de l'urètre

Certains chercheurs supposent que les sécrétions des glandes de Skene pourraient contribuer à protéger la muqueuse urétrale, à la manière dont les glandes de Bartholin participent à la lubrification vaginale. Cette fonction protectrice reste cependant encore à confirmer par des études plus larges.

Dans mon propre parcours de curiosité sur la santé féminine, j'ai été frappée par à quel point ces glandes étaient absentes des explications reçues lors des consultations gynécologiques classiques — alors même qu'elles font partie intégrante de l'anatomie du plancher pelvien. Comprendre leur existence change parfois la manière dont on perçoit certaines sensations ou certains fluides.

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Glandes de Skene et éjaculation féminine : qu'en dit la recherche ?

Les glandes de Skene sont au centre du débat scientifique sur l'éjaculation féminine, et la réponse courte est la suivante : oui, les données disponibles suggèrent qu'elles jouent un rôle dans la production du fluide éjaculatoire féminin, mais des incertitudes subsistent quant aux mécanismes précis.

Deux phénomènes souvent confondus

La littérature scientifique distingue aujourd'hui clairement deux phénomènes souvent amalgamés dans les discussions populaires :

  • L'éjaculation féminine : émission d'une petite quantité de fluide blanchâtre, épais, dont la composition biochimique se rapproche du liquide prostatique (présence de PSA). Ce fluide proviendrait principalement des glandes de Skene.
  • Le squirting (ou "jaillissement") : émission d'un volume nettement plus important d'un liquide clair et dilué, dont plusieurs analyses ont montré qu'il provenait principalement de la vessie et avait les caractéristiques d'une urine très diluée.
Une étude publiée en 2015 dans le Journal of Sexual Medicine par Salama et al. a notamment investigué ces deux phénomènes sur un petit échantillon de femmes, en recourant à l'échographie et à des analyses biochimiques. Cette étude a contribué à formaliser la distinction entre les deux processus, même si sa taille réduite invite à la prudence dans les conclusions généralisées.

La variabilité : normale, pas pathologique

Toutes les femmes ne produisent pas de fluide éjaculatoire, et cela est directement lié à la variabilité du développement des glandes de Skene décrite plus haut. Ne pas éjaculer n'est pas un signe de dysfonctionnement — c'est simplement une réalité anatomique individuelle, aussi normale que d'avoir des lobes d'oreilles attachés ou non.

Ce que dit la recherche — Niveau de preuve : modéré. Les études sur l'éjaculation féminine restent peu nombreuses, souvent réalisées sur de petits échantillons. Les données biochimiques sur la présence de PSA dans le fluide éjaculatoire féminin sont en revanche bien documentées (Zaviacic et al., plusieurs publications des années 1980-2000 dans des revues d'urologie et d'andrologie).
Femme en salle d'attente médicale lisant une brochure sur la santé pelvienne féminine, illustrant l'importance du suivi gynécologique régulier

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Quels problèmes de santé peuvent toucher les glandes de Skene ?

Les glandes de Skene peuvent être le siège de plusieurs affections, bien que rares. Les connaître permet de mieux identifier certains symptômes et d'en parler à un professionnel de santé.

Les kystes des glandes de Skene

C'est la pathologie la plus fréquente associée à ces glandes. Un kyste se forme lorsque le canal excréteur de la glande se bouche, entraînant une accumulation du fluide sécrété. Ces kystes apparaissent sous forme de petites tuméfactions situées à côté de l'urètre, visibles ou palpables.

Les symptômes peuvent inclure :

  • Une gêne ou une douleur lors des rapports sexuels (dyspareunie)
  • Une sensation de pression au niveau urétral
  • Des difficultés à vider complètement la vessie dans certains cas
  • Une douleur lors de la miction
  • Une masse palpable à l'entrée du vagin
La grande majorité des kystes de Skene sont bénins. Leur prise en charge dépend de leur taille et des symptômes : une surveillance simple peut suffire pour les petits kystes asymptomatiques, tandis qu'un drainage chirurgical ou une marsupialisation (ouverture chirurgicale pour créer un drainage permanent) peut être envisagé pour les kystes plus importants ou douloureux.

Les infections

Les glandes de Skene peuvent également s'infecter, en particulier dans le cadre d'infections sexuellement transmissibles comme la gonorrhée ou la chlamydia, qui peuvent coloniser ces structures. Une inflammation des glandes de Skene peut mimer certains symptômes d'infection urinaire récidivante, ce qui peut retarder le bon diagnostic.

Le cancer des glandes de Skene

Il s'agit d'une pathologie exceptionnellement rare. Des cas d'adénocarcinome des glandes de Skene ont été décrits dans la littérature médicale, souvent sous forme de rapports de cas isolés. La rareté de cette pathologie fait que le niveau de preuve reste faible, mais elle doit être évoquée devant toute masse para-urétrale atypique.

Les endométriomes para-urétraux

Dans de rares cas, l'endométriose peut toucher les structures para-urétrales, y compris à proximité des glandes de Skene, entraînant des douleurs cycliques dans cette zone. C'est un diagnostic qui nécessite une évaluation spécialisée.

Quand consulter — Si vous ressentez une douleur persistante au niveau urétral ou vulvaire, une gêne lors des rapports sexuels, ou si vous constatez une masse à l'entrée du vagin, consultez votre gynécologue ou votre médecin. Ces symptômes méritent un examen clinique, même si leur cause est souvent bénigne. Ne les mettez pas de côté sous prétexte qu'ils semblent "normaux" ou "pas graves".
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Comment préserver sa santé pelvienne globale ?

Prendre soin de sa santé pelvienne, c'est prendre soin de l'ensemble du plancher pelvien — et donc indirectement des glandes de Skene, de l'urètre, du vagin et de l'ensemble des structures qui les entourent.

Voici quelques repères pratiques :

  • Consulter régulièrement : un suivi gynécologique annuel permet de détecter précocement tout changement anatomique, y compris une masse para-urétrale.
  • Éviter l'automédication sur les symptômes urinaires : des brûlures ou des difficultés mictionnelles répétées ne sont pas toujours des cystites classiques — elles peuvent venir d'une inflammation des glandes de Skene ou d'une autre cause.
  • Pratiquer la rééducation périnéale si nécessaire : après un accouchement ou en cas de symptômes de plancher pelvien, la rééducation avec une sage-femme ou un kinésithérapeute spécialisé reste la démarche la plus recommandée en France.
  • Maintenir un équilibre hormonal : les glandes de Skene, comme d'autres structures pelviennes, sont sensibles aux hormones sexuelles. La ménopause, par exemple, peut modifier les sécrétions et la trophicité des tissus. En savoir plus sur les effets des œstrogènes sur la muqueuse vaginale et urétrale peut aider à comprendre ces changements.
  • S'informer sur l'anatomie : connaître son corps, c'est aussi pouvoir signaler à un professionnel de santé des symptômes précis. La littératie en santé féminine reste un levier puissant. Vous pouvez approfondir le sujet sur notre guide de l'anatomie hormonale féminine.
La santé pelvienne est encore trop souvent abordée uniquement sous l'angle de la continence ou de la fertilité. Les glandes de Skene nous rappellent qu'il existe une richesse anatomique et fonctionnelle bien plus vaste — et qu'elle mérite d'être connue.

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Questions fréquentes

Q: Les glandes de Skene sont-elles présentes chez toutes les femmes ?

R: Non. Leur développement varie d'une femme à l'autre. Chez certaines, elles sont bien développées et fonctionnelles ; chez d'autres, elles sont vestigiales ou quasiment absentes. Cette variabilité est tout à fait normale et ne constitue pas une anomalie.

Q: Les glandes de Skene ont-elles vraiment un rapport avec le point G ?

R: La zone autour du point G (paroi vaginale antérieure, à quelques centimètres de l'entrée du vagin) correspond anatomiquement à la localisation des glandes de Skene. Certains chercheurs pensent que la stimulation de cette zone active ces glandes, mais le "point G" n'est pas une structure anatomique discrète identifiable comme une glande ou un nerf précis — le débat scientifique reste ouvert.

Q: Un kyste des glandes de Skene est-il dangereux ?

R: Dans la grande majorité des cas, non. Les kystes de Skene sont bénins. Ils peuvent cependant nécessiter un traitement s'ils sont douloureux, s'infectent ou gênent la miction. Tout kyste ou masse para-urétrale doit être évalué par un médecin pour exclure toute autre cause.

Q: Les glandes de Skene peuvent-elles être touchées par une IST ?

R: Oui. Certaines infections sexuellement transmissibles, notamment la gonorrhée (causée par Neisseria gonorrhoeae), peuvent coloniser les glandes de Skene et provoquer une inflammation locale. C'est une raison supplémentaire de ne pas négliger le dépistage régulier des IST.

Q: Le PSA peut-il être détecté dans les analyses sanguines des femmes ?

R: Le PSA est produit en très faibles quantités par les glandes de Skene chez la femme. Il peut techniquement être détecté dans le sang, à des taux beaucoup plus bas que chez l'homme. Son dosage chez la femme n'a pas d'utilité clinique établie dans la pratique courante, mais il a été utilisé dans des recherches pour identifier l'origine de certains fluides biologiques.

Q: La ménopause affecte-t-elle les glandes de Skene ?

R: Comme beaucoup de tissus pelviens, les glandes de Skene sont sensibles aux variations hormonales, notamment aux œstrogènes. La baisse des œstrogènes à la ménopause peut affecter leur activité sécrétoire et contribuer à certaines modifications des sécrétions vaginales. Des études spécifiques sur ce point restent limitées.

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Cet article est informatif. Il ne remplace pas un avis médical personnalisé. Votre situation personnelle nécessite une consultation avec un professionnel de santé qualifié.
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